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Tomber amoureuse et se laisser aller

Mis à jour : 10 août 2019




Les conseillers ne sont pas les payeurs. Pour ma part, j'ai toujours été une bonne conseillère. J'ai toujours eu le bon mot et la bonne astuce pour les amis. D'ailleurs, ceux qui m'ont fait confiance ont réussi leurs coups. Mais qu'en est-il quand "charité bien ordonnée, commence par soi-même" ? Pas si facile d'être avisée.


Mon empathie m'a toujours aidé à deviner ce que les autres pensent. Cependant, comme pour beaucoup, cette même empathie m'éloigne de moi. Être à l'affût d'informations venant de l'extérieur m'a complétement coupé de mes ressentis. Mon côté rationalisé à outrance a généré une forme de protection de tout moment, où je finis même par nier les évidences.




“Je sais dire ce que ressentent les autres - mais je ne sais pas dire ce que je ressens moi-même”





L'exemple le plus percutant est celui de "tomber amoureuse"...sans même me faire mal ! car, jamais de la vie je ne pourrais me l'avouer. Ce serait accepter que l'imprévu, l'inattendu pourrait rentrer dans ma vie, la bouleverser et m'enlever le contrôle. Et sans contrôle...je prendrai le risque de souffrir.


Pendant des années, j'ai vécu (si tant est que l'on puisse appeler cela "vivre") dans le contrôle. Celui de mes gestes et actes - il me fallait être une femme "bien". Celui de mes émotions - jamais un mot plus haut qu'un autre. Celui de mon corps - qui ne devait pas me trahir. Celui de mes pensées - pas trop de rêves, car déception assurée. Celui de mes proches - que je tenais à distance, pour ne pas craquer.


Toutefois, a force de tout contrôler, un jour j'ai perdu le contrôle de ma vie. Je l'avais tellement aseptisée, que je me suis retrouvée seule et sans vie. C'est là où j'ai commencé à envier les amis qui construisaient (des maisons, des foyers, des carrières). Et je m'en voulais, puisque j'étais véritablement heureuse pour leur bonheur. Seulement...ils me mettaient, malgré eux, devant le vide de mon existence. Lorsque nous essayons de tout contrôler, on s'enferme dans un bocal où plus rien ne nous atteint, même pas le positif.


Un jour, j'ai compris que l'ENVIE que je nourrissais à l'égard de mes amis....n'était rien d'autre que le désir d'être moi-même EN VIE. Et cela fait mal, car c'est l'évidence de la non vie...donc d'être mort de l'intérieur. J'ai pris conscience donc, que je n'ai pas peur de la mort, puisque je le suis déjà. Dans mon bocal, je l'ai apprivoisée. Contrairement à la majorité des humains...moi...j'avais plus peur de la VIE, j'avais peur de vivre. Et je pense que c'est ce jour-là où j'ai lâché un peu la garde.


L'évidence est que même en gardant le contrôle, même en niant les évidences...l'Amour m'a rattrapée et depuis je suis sous emprise. Sans pour autant perdre tous mes moyens, je ressens les changements factuels dans mon quotidien. Le manque se fait ressentir. Le besoin de le voir, le toucher, l'entendre est très présent. Mais le plus fort dans l'histoire, c'est que je lutte. Je lutte contre cette évidence, pour me maintenir sous sevrage de la non-vie, pour ne pas m'avouer ma défaite face à l'Amour, car je serais perdue "à jamais".


Se laisser aller ...ou encore le fameux "lâcher prise"... que des mirages. Si quelqu'un a trouvé le mode d'emploi qu'il le me fasse savoir ! Non, je ne sais pas (encore) me laisser aller. Cependant, j'apprends tous les jours à dire un peu plus, à me laisser apprivoisée un peu plus, à laisser entendre qu'une place, une promesse pourrait naître. Mais cette lutte...je la mène envers mon ancien moi, contre mon self control qui me maintient sur pilote automatique. Je ne lutte pas contre l'Amour, mais je lutte pour l'accepter et peut-être un jour proche, le vivre.


Donc...je dis à l'Amour : Aies patience pour que je me ré-éduque. Que je puisse tout te dire et tout vivre avec toi, sans avoir peur, sans entrave et sans a priori. Pour que je puisse Te vivre pleinement, sans retomber dans mes travers.