• Ralu

Des actes - non des mots

Mis à jour : 10 août 2019





"Celui qui vit d'espoirs, meurt des sentiments." Benjamin Franklin



Il y a des années, pendant mes études j'étudiais les discours politiques. J'étais assez surprise de voir l'écart entre les discours et les actions mises en œuvre. L'ouvrage "Quand dire c'est faire", de John L. Austin a été éclairant pour moi dans la portée des actes performatifs. Mais quel choc de me rendre compte que ce qui me dérangeait le plus dans ces discours politiques était l'effet miroir qu'ils provoquaient chez moi !


"Acta non verba"- Des actes, non des mots. Difficile de défendre cette idée quand on ne l’applique pas. Je suis une idéaliste, qui vit de discours et des promesses. Je me fais rêver moi même et il semblerait que j'ai la capacité à amener les autres avec moi. Cependant...quand il s'agit de passer à l'acte je fais plutôt partie de l'équipe "Courage, Fuyons !" que de celle qui va de l'avant !


Après avoir analysé mes comportements sous toutes les coutures, je suis parvenue à l'idée que la clé de compréhension de cette projection discursive serait la CONFIANCE. Il y a trois ans, suite à une crise existentielle, je partais seule sur le Chemin de Saint Jacques de Compostelle. Je voulais me retrouver, trouver un sens à mon existence qui foutait le camp, et surtout, espérais un message de la Providence pour me donner un coup de pouce, un message. Arrivée à la première étape, j'allais vers l'auberge dans laquelle j'étais sensée  dormir et en chemin je découvre un camion avec une citation dessus. Évidemment, en bonne égo-centrée, je l'ai pris pour moi !


Je n'ai vu aucun autre message similaire sur le Chemin, j'ai donc conclu que mon apprentissage devait venir de lui. Et en effet, à l'aune de mes réflexions, j'arrive au constat que je ne mets pas en actes mes rêves, puisque je manque de confiance. Mes différentes expériences de vie m'ont appris que les plus grandes trahisons viennent des personnes que l'on aime le plus. Pour me protéger, j'ai décidé de ne plus faire confiance, ou en tout cas, ne jamais me livrer entièrement. Il en résulte, de mon côté, des promesses que je m'engage à tenir, parce que j'en ai envie. Mais quand il faut les passer dans le réel...je me dégonfle. Manque de confiance en moi, dans les autres, dans mes propres choix...peur de prendre mes responsabilités, peur de sauter dans le vide...appelez-les comme vous voudrez ! Je suis à l'arrêt, statufiée (ou plutôt momifiée), et rien de sort ! Je suis d'avis qu'il n'y a pas de confiance sans actes, tout comme il n'y a pas d'amour sans les actes d'amour. Mais comment je fais lorsque je suis handicapée de la confiance, puisque mon conditionnement culturel et familial a enfoncé le clou.

Je me sens abîmée, incapable de faire confiance et surtout de me faire confiance. Je suis persuadée que tout n'est que dans ma tête, bien évidemment. Je suis malgré tout une optimiste qui pense que le déterminisme n'est que foutaises !

Mais je me sens tout comme ces clous, il faut travailler dessus, les enlever, les détordre, afin de leur donner une autre vie. J'analyse mes blessures et je me rends compte combien j'ai été abîmée. Je travaille ma confiance en moi, afin de prendre des décisions en accord avec moi.


Je veux poser l'acte le plus audacieux, faire le choix le plus risqué de ma vie : VIVRE. Et pour cela j'ai envie de me choisir d'abord. Assumer mes défauts, assumer mes ombres...et il y en a... Assumer que je ne suis pas gentille, mais que je peux être vraie. Assumer que mes choix ne sont pas toujours, voire jamais politiquement corrects. Assumer que mon bonheur n'est pas si conventionnel que je veuille croire. Assumer que ma vie me concerne et elle ne doit pas être dictée par "que dirait-on"...Assumer que je suis un peu comme cet ours mais que je renie mes origines un peu pataudes !







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